AVRIL 2021

Je ne fais pas de politique, je fais du spectacle... ou le contraire... je ne sais plus très bien. Ce qui est certain c'est que la politique est devenu un spectacle bien mauvais, ce n'est que mon impression de spectateur, les acteurs principaux sont si incompétents, la réalisation est minable, les producteurs mettent pourtant un pognon de dingue...

Aujourd’hui n’est pas le monde d’avant encore moins le monde d’après. Aujourd’hui c’est toujours ce monde avec des poignées d’argent, une poignée de gens qui font subir leurs milliards à des milliards de gens.
Je voulais penser, qu’en ressortant dehors, toutes les consciences n’iraient que vers une seule pensée. De vouloir changer. Car cette poignée ne s’est pas privée de priver encore un peu plus le monde pendant qu’on était cloitré chez nous, figé dans une certaine peur entretenue.
Ceux qui avaient déjà la colère, l’ont, j’en suis certain, monter d’un cran au moins ; ceux, qui ne voyaient pas avant sont devenus de bons aveugles après… et puis, les pires, ceux qui voulaient changer et qui ne le font pas... Je parle de moi en particulier.
Il est quand même sidérant d’avoir vécu les jours où le monde humain s’est arrêté. Sidérant de sentir ces espaces de silence qu’on a pu entendre, qu’on a même pu respirer. Deux cents ans au moins que notre bonne vieille terre n’avait pu reprendre son souffle…
Nous aussi, nous l’avons repris et nous avons repris. J’ai repris.
Je me suis pourtant déjà servi, modestement mais bien plus que la plupart et bien moins que cette poignée. Et qu’est ce que je fais à la sortie ? Je me ressers encore, asservit au service d’une poignée d’argent. C’est vrai je me suis fourvoyé, pendant que d’autres se noyaient, je me suis laissé aller à participer, mine de loin, à toutes ces horreurs. J’ai laissé faire et aujourd’hui, je laisse faire à nouveau. C’est pire. Pourtant j’ose croire que je ne suis pas le pire. Comment savoir ? Sachant que « plus pire » ça n’existe pas… dans le pire on est tous égaux.
Le faire ou le laisser faire ? C’est pareil.
Tandis que l’un s’arrange de la cruauté, l’autre manque cruellement de courage ; ce qui est certain c’est que j’ai l’impression de ne pas avoir le courage de changer… je le constate, je reprends.
Je reprends mon travail. Celui d’écrire, celui de la scène, reprendre pour dire que le monde ne va pas… n’est il pas ce qu’il y a de plus lâche ? 
Je serai donc un lâche qui n’a pas de courage? Les deux vont bien ensemble, c’est cohérent. Ce n’est pas parce que je suis un artiste que je suis exonéré de mon devoir d’humain.
Nous avions pourtant une fenêtre, j’avais cette fenêtre, j’ai pu l’ouvrir pour voir. Voir qu’il est possible que tout s’arrête, presque du jour au lendemain, voir que la nature, partout, s’est sentie mieux et nous avec.
Reprendre son souffle pour voir que ceux qui gagnent le plus, sont ceux qui servent le moins dans l’Essentiel. Voir ceux qui sont derniers sur la chaîne être les premiers, en première ligne, en chair à canon.
Mais ce ne sont plus des canons qui nous tirent dessus. Ce sont des paradis fiscaux, des actions, des dividendes (et une certaine police qui défend leurs intérêts sans se rendre compte qu’ils en sont les esclaves … ). Nous avons bien vu que ceux qui, encore une fois, ont eu les milliards (nos milliards, que nous confions à des gouvernements qui les gèrent pour notre bien … ) sont ceux qui avaient déjà des milliards… et pour les autres, des médailles. Dégueulasse. Des milliards pour des entreprises privées et des dons pour les services publics. Dégueulasse. Détruire des acquis sociaux au nom de la pandémie. Dégueulasse. Restreindre les libertés, dégueulasse. J’ai la nausée. Je vomissais sur le monde « d’avant », dans le monde d’après je me vomis dessus, parce que c’est pire, je sens le fascisme qui monte et je remonte pourtant dans le train.
Le monde d’avant, le monde d’après ? Sur terre il n y a pas d’autres mondes.
Il y en a qu’un et nous sommes tous dessus. Quatre vingt milliards sont déjà dessous depuis que homo sapiens a pris le pouvoir, ne l’oublions pas ; tenons compte aussi des futurs milliards d’humains, qui sont déjà là, dont nos gosses font parti, tenons compte des vivants dans leur totalité et que, cette poignée qui tient surtout compte de son compte en banque, ne compte pour rien, comme tout à chacun, nous ne sommes pas grand chose dans l’univers, nous ne sommes qu’une poignée qui n’a pas d’autre choix que de partager l’espace, le temps, le savoir et l’Aimer ; pas besoin de le dire.
La vie n’est pas une marchandise.
On ne marchande pas avec la vie, on ne marchande pas non plus avec la mort ; on les prend dans la gueule et si on peut se relever, on repart… nous avons tous les pieds sur terre, bon gré, malgré, petits ou grands, tout le monde doit avoir une chaussure à son pied pour marcher. Veiller à ce que tout le monde puisse avancer, sans faim, qu’il puisse se reposer, partout, sous un toit. Si ce partage était de mise, ce serait un grand pas pour l’humanité ; nul besoin de marcher sur la lune pour se rendre compte que pour faire un grand pas, on n’a pas besoin d’un grand pied, , c’est dans le faisable, dans le bon sens pour avancer.
Pour que cela puisse se réaliser, pour que l’utopie soit possible, on ne doit pas repartir comme l’avant, ne pas prendre le même chemin. Nous le savons, il suffit de ne pas reprendre les mêmes routes pour savoir que d’autres existent.
Mais je reprends. Je ne me comprends pas. Je ne me supporte pas. Je reprends, je repars, comme un con, prêt à me dégueuler dessus.
Pourtant ce que je veux, du plus profond de mon être, c’est un changement, révolutionner ce qui est. Tenter enfin de faire de ce monde « un paradis sur terre ».
Je sais que je ne suis pas seul, nous sommes légions.
Alors, si vous acceptez, dans vos rangs, un con, un lâche qui manque de courage, je serai des vôtres et certain que grâce à vous, grâce au nombre, grâce à nous, je n’aurai plus peur d’avancer vers l’ailleurs.
D’ailleurs J’ai laissé ma fenêtre ouverte. Moi, je suis sur le pas de la porte, je suis prêt. Alors avant que la fenêtre ne se referme, faites moi signe, faîtes du bruit, je saurai vous re-trouver.
Il n’est plus le temps de l’urgence. Il est le temps de la résurgence.

(Résurgence : Réapparition à l'air libre, sous forme de grosse source, de l'eau absorbée par des cavités souterraines. Littéraire. Fait de réapparaître, de resurgir.)"

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